05 mar 2009

Un rayon de soleil dans un ciel chargé

Omar Al-Bachir C'est une première et pas n'importe laquelle.
Pour la première fois depuis son entrée en fonction en 2001, la Cour pénale internationale (CPI) vient de lancer un mandat d'arrêt contre un chef d'Etat en exercice.

Le grand gagnant est le président soudanais Omar al-Bachir. Il est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
Le Darfour, c'est plus de 300.000 morts selon l'ONU... et 10.000 selon Khartoum, depuis 2003.
Le conflit a déplacé 2,7 millions de personnes et 100.000 "ont péri de mort lente" dans des camps, de faim et de maladie.
Une catastrophe à tous les niveaux et, hormis quelques imbéciles patentés, comme la ligue arabe, ou l'Union Africaine, reconnue de tous.

La vraie question va se jouer maintenant.
Comme la CPI n'a pas de police à sa disposition et n'a pas de mandat d'arrestation, il va effectivement falloir être très attentif à la manière dont les Etats vont réagir à partir d'aujourd'hui et traitent al-Bachir : va-t-il devenir un paria international, un peu comme Charles Taylor, Ratko Mladic et Radovan Karadzic ? Dans ce cas, l'étau se refermera progressivement sur lui, il sera affaibli et délégitimé.
Ou alors, va-t-il pouvoir maintenir des liens étroits avec des Etats, de la Ligne arabe, de l'Union africaine, la Chine et d'autres ?

Ça va être véritablement un test de crédibilité de la CPI : pour réussir, elle a besoin du soutien à la fois politique et militaire des Etats. Or, militairement, on voit mal aujourd'hui une arrestation, mais est-ce que politiquement il va y avoir une sorte de mise en quarantaine ou de cordon sanitaire autour du président soudanais ?
Si tel est le cas, alors la CPI aura d'une certaine manière triomphé. Si ce n'est pas le cas, elle aura produit un acte très fort, mais qui n'aura pas rencontré l'effet escompté et elle en sortira plutôt affaiblie.

Donc le moment de vérité commence maintenant.

22 fév 2009

Du tennis, d'Andy Roddick, du courage politique...

Allons droit au but : les organisateurs du tournoi de Tennis de Dubaï ont décidé semaine derniére de ne pas accorder de visa à Shahar Peer, sous prétexte de sa nationalité israélienne.
Violente polémique et sanction financière record de la part de la WTA. Il fut même question de purement et simplement rayer du calendrier professionnel l'épreuve émirienne.
C'est finalement une amende de 300 000 US Dollars pour «manquement aux règles du circuit». Peer reçoit pour sa part la somme de 44 250 dollars, soit les gains qu’elle avait obtenus à Dubaï l’an dernier en simple et en double.

L’argent ne soigne cependant pas tout et Peer peut s’estimer à raison victime de discrimination.
Cet incident «diplomatique» fait tâche d’huile sur la planète tennis et aujourd'hui, c'est le conseil municipal de Malmö a ainsi décidé que le premier tour de Coupe Davis opposant la Suède et Israël début mars, se déroulera à huis clos, la sécurité des spectateurs ne pouvant être garantie !

RoddickDernier rebondissement ce vendredi, avec la très courageuse décision d'Andy Roddick.
Tenant du titre à Dubaï, il vient simplement de décider de boycotter le tournoi!
"Je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui vient de se passer là-bas".
Roddick est sacrément courageux car le tarif est cher; outre le manque à gagner (le tournoi est doté à hauteur de 2 233 000 dollars), l'américain va perdre tous les points ATP qu’il a acquis la saison dernière dans l’émirat.

Un peu de courage politique dans ces temps agités. Suffisamment rare pour qu'un hommage y soit rendu.
 

19 déc 2008

Réflexions Wal-Martiennes

Malgré Noël, l’heure n’est pas à la fête sur la planète supermarchés.
Dans le monde entier, crainte du chômage et chute du pouvoir d’achat terrasse le porte monnaie classes moyennes.

Première victime en Grande-Bretagne, la chaîne Woolworths va disparaître.
Après un siècle d’existence, le groupe a été terrassé par la crise du crédit et l’effondrement des ventes.

Chez nous, rien de très glorieux,les chiffres sont mauvais.
Si Carrefour tient toujours debout, son action, elle, vacille: elle a perdu près de 40% de sa valeur en un an.

Wal mart Partout, la déprime règne. Enfin presque partout.
Car aux Etats-Unis, le géant Wal-Mart voit les foules affluer. Au troisième trimestre, ses profits ont même augmenté de 10% alors que le pays s’enfonce dans la récession.

La stratégie est simple. Des prix bas, à tout prix.
Une stratégie qui a fait de cette petite épicerie de l’Arkansas, dans l’Amérique profonde, la première entreprise mondiale, toutes catégories confondues, en quatre décennies.
Problème : ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour l’Amérique.

Pour les consommateurs, Wal-Mart est une aubaine. Plus les fins de mois sont difficiles, plus les Américains raffolent de ses bonnes affaires.
A la recherche de la moindre économie, les Américains se ruent chez le roi du discount. D’autant qu’ils y trouvent de tout: dans ses hypers ouverts 24 heures sur 24, plus de 140 000 produits sont référencés -contre 50 000 dans un Carrefour moyen. Un seul trajet suffit pour remplir le frigo, la penderie et même le garage.

Mais les Américains n’ont pas seulement besoin de prix bas, ils ont aussi besoin d’un job.
Or Wal-Mart crée surtout des emplois… en Chine.
Il y a deux ans encore, la chaîne achetait, à elle seule, plus que la Russie ou la Grande-Bretagne à l’Empire du Milieu. Et quand elle ne fait pas affaires directement avec les producteurs chinois, elle fait pression, sans état d’âme, sur ses fournisseurs pour qu’ils mettent, eux aussi, cap à l’est.

Dernièrement, c’est le fabricant de textile Hanes qui a fermé neuf usines aux Etats-Unis et en Amérique centrale. Explication : ces sites de production ne lui permettaient plus d’offrir les prix voulus par Wal-Mart. Or, pour un fournisseur, se passer de la chaîne aux 180 millions de clients par semaine dans le monde, c’est tout simplement impossible.
Entre 2001 et 2006, les Etats-Unis auraient perdu 200 000 emplois en raison des activités du géant de la grande distribution.

Mais si Wal-Mart crée des chômeurs, il ne s'arrête pas là. Il est aussi le champion des "travailleurs pauvres". Aux Etats-Unis, quand les usines ferment leur portes, les nouveaux chômeurs, sans formation, n’ont pas d’autres possibilités que de rejoindre la chaîne, passant d'un salaire de 20 dollars de l’heure, avec avantages sociaux, à moins de la moitié, avec avantages a minima.

Wal-Mart est le premier employeur du pays, 1,4 million de salariés, développant l’appauvrissement des classes moyennes.
A tel point que seuls des prêts "abracadabrantesques", façon "subprimes", leur ont permis de continuer à s’offrir un toit, avec le succès que l’on sait...

13 déc 2008

Quelques reflexions après Bombay

Après quelques jours à Singapour pour un marché international, j'ai eu l'occasion de discuter avec de nombreux indiens. Définitivement, nous parlons d'un traumatisme, un autre 11 Septembre; le massacre de Bombay dispense de fortes leçons.
D'abord le fanatisme. Il infecte une vaste religion, devient une très longue maladie. Il confirme ensuite la prétention missionnaire de l'islamisme.
Enfin, il montre les progrès stratégiques du djihad, la guerre sainte; tous les états "fiévreux" sont ébranlés Afghanistan, Pakistan l'Iran...

Attentat

Les religions aident à vivre; certes, mais aussi les plus grandes massacreuses de l'Histoire. Les trois religions d'un même Dieu unique, la juive, la chrétienne, l'islamique, ne cessent de déchaîner contre l'"infidèle", une agressivité fratricide. Entre catholiques et protestants, les carnages ont décimé leur propre passé.
Au sein même de l'Islam, le conflit récurrent entre chiites et sunnites continue d'ensanglanter le Proche et le Moyen-Orient.

C'est une évidence qu'on ne peut ni ne doit confondre l'islam de centaines de millions de fidèles pacifiques avec sa déviance terroriste. Mais c'en est une autre que dans le vivier islamique s'opère le recrutement de soldats égarés.

La déviance terroriste donne sa caution divine à des conflits très humains, sacralisant la lutte des musulmans contre les hindouistes dans la péninsule indienne. Elle confie l'étendard du Prophète aux Palestiniens radicaux du Hamas. Elle fermente sur les misères. En Indonésie, en Afrique, elle épouse des clivages ethniques que l'ère coloniale a maintenus ou durcis. Un peu partout, elle revigore l'hydre aux mille têtes d'Al-Qaeda dans son aversion de l'Occident.

Aujourd'hui, la mouvance terroriste se concentre désormais sur trois sites.

Le premier est l'Afghanistan, berceau d'Al-Qaeda. Elle y réveille, avec les talibans, le désir d'attirer l'Occident dans un enlisement sans fin.

Le deuxième est le Pakistan. L'attentat de Bombay exacerbe l'hostilité avec l'Inde. L'opération tactique, menée cette fois par un commando très militaire, était d'envergure : elle visait à précipiter les troupes pakistanaises à la frontière indienne pour dégager de leurs pressions les zones-refuges de la frontière afghane.
Il faudra, qu'Ali Zardari, nouveau président du Pakistan, éradique ses services très spéciaux, véritable Etat dans l'Etat.

Le troisième site est l'Iran, avec, encore et toujours, sa théocratie, son désir d'acquisition d'un potentiel nucléaire.

Si le foyer israélo-palestinien continue de jeter de l'huile sur le ressentiment arabe, le véritable "vortex" de la nébuleuse terroriste se concentre désormais dans un triangle, digne du pire des cauchemars : Kaboul, Islamabad, Téhéran.

25 oct 2008

Quel nouveau moteur pour la croissance ?

Ce vendredi, le CAC 40 a encore chuté lourdement; comme toutes les autres places européennes.
La récession mondiale qui frappe la planète depuis 2 mois brouille toutes les cartes.

Les_temps_modernes 79 ans jour pour jour après le début du krach de 1929, les opérateurs broient du noir et impossible de faire des prévisions cette baisse n'est pas rationnelle.
Les investisseurs réagissent brutalement à toutes mauvaises nouvelles : actuellement, les mauvaises nouvelles se paient cash en Bourse. Et cela ne semble pas vouloir s'arrêter.
La récession est là, non plus seulement dans les cours de bourse, mais sur le terrain, dans les usines. Et elle s'est propagée au monde entier.
Au cours des trois derniers mois, les Bourses des pays émergents ont baissé deux fois plus vite que celles des pays développés. Le ralentissement de la Chine, la nationalisation du fonds de pension argentin, la fragilité de la Hongrie montrent que nul n'était à l'abri.
Et il ne serait pas surprenant que certains pays émergents se retrouvent en défaut de paiement...

Ils étaient le moteur de l'économie mondiale, et maintenant la question est de savoir ce qui pourra faire redémarrer la croissance mondiale.
La crise est là, mais alors, pour combien de temps ?
Question sans réponse qui hante les marchés et empêche les investisseurs de revenir à l'achat malgré les cours plancher atteints.
On parle d'une sortie de crise US vers la fin de l'été 2009.
L'entrée de l'Europe dans la crise étant plus tardive, il faudra aussi patienter plus longtemps pour voir le bout du tunnel. Et les conséquences risquent d'être dramatiques... : les banques titriseront beaucoup moins, elles vont devoir assumer leurs risques et ceux-ci vont augmenter du fait des défaillances d'entreprises et du chômage, elles seront obligées de réduire leurs crédits. Malgré les efforts des pouvoirs publics, il sera difficile d'éviter l'assèchement du crédit.

La croissance à crédit, qui a été celle des vingt dernières années, est terminé. Il va donc maintenant falloir inventer un nouveau moteur. Moteur qu'on connaît pas encore.

20 oct 2008

A chacun son Crack

On connaissait le crack, un dérivée de la cocaïne qui provoque de violents dégâts dans les cerveaux de ceux qui en consomment.
Et bien nous avons maintenant, le krach.
En l'espace de quelques jours, bêtises et stupidités ont été assénées sur cette crise financière que l'on peut se demander si ce krach-là n'est pas devenu le nouvel opium des intellectuels en mal de poncifs sur l'économie libérale.

KrachbourseOn lit que c'est la fin du capitalisme, l'échec de la mondialisation. Les économistes expliquent que c'est le grand retour de l'État, et la fin de la puissance américaine.
Avec la surenchère ambiante, il devient difficile de faire le tri dans tout ce qui est dit ou écrit.
Sans nier l'ampleur de cette crise, et sa plus grave conséquence, l'hibernation du crédit, il faut bien maintenant envisager les solutions, et surtout "l'après".

Le capitalisme ne va pas disparaître, et va rester, heureusement, le système dominant de l'économie mondiale. On pourrait même espérer qu'il ressorte de cette crise plus fort, car assaini de certaines pratiques outrancières, que le marché finit toujours par corriger.
Bien que le capitalisme ait plusieurs visages selon que l'on se trouve à New York, Palo Alto, Londres, Paris, Francfort, Bombay, Moscou, Shanghai, Tokyo ou Dubaï, on ne devrait pas selon moi, rentrer dans une sorte d'économie mixte, comme le prône, les "archéosocialistes" qui s'époumonent ces derniers temps.

Second point, les USA devrait rester le "phare" de l'économie mondiale.
Sans abolir, l'Amérique de ses excès et de la gestion pitoyable qui y a été faite de cette crise, c'est outre-Atlantique que l'initiative individuelle est la mieux encouragée et donc que l'économie rebondira via une nouvelle génération d'innovations.

Troisièmement, le retour de "l'État" ou "Des États" ne me parait pas être la solution. Qu'il s'agisse des garanties de dépôts, des tentatives de concertation à 4, 7, 15 ou 20, des sauvetages de banques... difficile de réellement parler de succès.
Les États n'ont pas constitué la solution, mais un problème de plus avec des raisonnement différents, des déclarations intempestives non concertées...
Et rappelons également, que c'est Bill Clinton qui avait donné l'ordre aux banquiers de prêter dès 1995, à des ménages insolvables.

Dernier point, cette crise est certainement l'opportunité d'un rééquilibrage.
Aujourd'hui, le monde occidental n'est plus maître de son destin. Il a davantage besoin de l'hémisphère Sud et des pays émergents qu'ils n'ont besoin de nous.

15 sep 2008

Laicité Sarkozyste

"Laïcité positive", voila donc la version aseptisé de la pensée religieuse développée par Nicolas Sarkozy dans son discours prononcé en la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran il y a quelques mois.
Présentée à l'occasion de la visite en France du pape, l'Élysée a défendu une "laïcité positive" et "ouverte" et mentionné "les racines chrétiennes de la France".

Tollé du côté du PS : "Il n'y a pas de laïcité positive ou négative, ouverte ou fermée, tolérante ou intolérante. Il y a la laïcité. C'est un principe républicain".
Les verts, le PC ainsi que François Bayron ont également vivement réagis; plutôt étonnant pour ce dernier, connu et reconnu comme une parfaite grenouille de bénitier qui, notamment, effectue un pèlerinage en famille, une fois par an!
Frédéric Lefebvre, un des trois porte-parole de l'UMP, a une nouvelle fois, cru bon, d'intervenir, parlant "d'intolérance", de "dénigrement" et "d'insultes à tous les chrétiens de France" (!).
Pour lui, "les vieux laïcards de la IIIe République doivent laisser place à une laïcité de notre temps". Étonnant, j'aurai plutôt songé au retour du conservatisme d'un autre temps.

Sarkozy_pape

Et effectivement, on s'étonne de cette confusion entre l'espace du religieux et l'espace de la République.
Dans le discours du Président, il semblerait que la donne religieuse, quelle qu'elle soit, soit l'ingrédient nécessaire pour un individu équilibré, en harmonie. Comme si, sans religion, nous ne serions pas "complètement terminé", si vous saisissez ma pensée.
Or, il s'agit là d'un point parfaitement discutable.
Prenons par exemple, Victor Schoelcher, non croyant convaincu, qui a définitivement aboli l'esclavage en France au milieu du 19éme siècle. Ce alors que depuis des siècles, l'église tolérait sans aucun problème cette pratique, voir l'encourageait.
Le point de Nicolas Sarkozy est donc tout à fait discutable, et l'on préférerait que le président s'en tienne à son rôle de garant de la laïcité. Ni positive, ni négative.

02 août 2008

Beijing 2008, l'aboutissement Chinois

Jeux_olympiques_chine_2008 Une petite semaine, et LE plus grand événement de ces 20 dernières années en Asie, va prendre vie. Une semaine et la Chine semble avoir atteint une sorte d'apogée.

Côté extérieur, à l'évidence, la situation n'a jamais été aussi bonne : le Japon rêvé dans les années 1930, de dominer la prospérité asiatique. La Chine lui a grillé la politesse.
En un temps record, la Chine a étendu ses frontières économiques jusqu'aux confins de l'Inde et de l'Australie.
La situation géopolitique s'est également assoupli avec la Corée du Nord et celle du Sud, évitant un crise à l'iranienne, avec le soutien des Américains en contrepartie d'un soutien au dollar.

Une splendide stratégie qui a débuté en 1989, au lendemain du soulèvement de Tiananmen.
Les dirigeants communistes chinois ont alors mis en place une véritable doctrine en 5 points, selon Alexandre Adler.
1 - Éviter à l'avenir toute division inutile dans le Parti.
2 - L'absence totale de perestroïka : le Parti administre, mais ne réforme pas.
3 - Des progrès important en matiére de libertés civiles et personnelles, sous réserve qu'elles restent déconnectées de toute participation politique.
4 - Eviter une politique étrangère agressive qui détournerait le pays du seul objectif essentiel : l'enrichissement de la population.
5 - Soutenir les élites intellectuelles et urbaines afin qu'elles cessent d'être le réceptacle naturel du mécontentement.

Rajoutons à cette liste, un contrôle rigoureux par l'État des activités stratégiques : banques, télécoms, énergie, transports et défense... faisant de l'État nouvellement enrichi LE premier investisseur du pays.

Un système quasi parfait, et à la réussite exemplaire.
Seul problème : dans une société où tout n'est plus qu'économie, où l'absence de politique autre que celle de l'enrichissement est la règle, à quoi sert donc encore le Parti Communiste?

31 juil 2008

Honte à nous

Pekin Le Comité international olympique a accepté, mercredi 30 juillet, que la Chine limite l'accès des journalistes présents à Pékin à certains sites internet considérés comme "sensible" (!).
Sans tomber dans la "Robert Ménardise" extrême, l'addition est un peu lourde.

Tout le monde va donc au final s'arranger de l'attitude Chinoise.
Le CIO, qui rappelons-le, avait accordé les jeux olympiques à Pekin en contrepartie d'une certaine forme de transparence de la Chine
Les médias, qui d'une voix unanime avaient déclaré qu'ils seraient les premiers garants de Jeux "respectueux" (rappelons nous en France, par ex, des déclarations de Daniel Bilalian).
Les politiques, qui, tous bien sagement, et en rang d'oignons, vont se ruer à la cérémonie d'ouverture.
Les téléspectateurs, that means vous, moi, qui une fois ce petit coup de gueule passé, prendront plaisir à regarder la grande messe du sport sur tous les écrans possibles et imaginables.

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23 juil 2008

la bienpensance radical-chic de Guy Bedos

Je viens de lire une lettre ouverte  adressé à Philippe Val, de Guy Bedos sur le désormais polémique départ de Siné.
Il se trouve que juste avant, je répondais à certains commentaires sur un post précédent, concernant l'amitié de 40 ans qui unit Jacques Verges au caricaturiste.
Dans la famille, devenons "antisioniste" (mais qu'est ce que ça veut donc dire ce mot....?) au nom des libertés fondamentales, Vergès a au moins pour lui le panache dans la saloperie : Carlos, Garaudy, Barbie mais aussi la plupart des dictateurs africains, les Khmers rouges et Pol Pot... non définitivement, la liste impressionne.
Bedos Alors que du côté de Bedos,  et bien, pas grand chose. Un petit air de pseudo-brave-type-indigné qui saute d'une cause à une autre, criant à l'injuste injustice de la loi des puissants asphyxiant le droit d'expression élémentaire.
Et de prendre à parti Val, en citant, des intellectuels de gauche Israéliens "(...) David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans relâche, luttent, en Israël, contre l’actuel pouvoir israélien (...)" et seraient donc antisémites, si Siné l'est.
Hmm... s'il est une question à se poser, c'est plutôt l'avis de Grossman et Oz quant à la participation de Sine à la liste Euro-Palestine sur laquelle figurait Siné et du meeting parisien donné pendant lequel les speakers ont fait huer des noms juifs par le public.

Les temps changent. Il y a une toute petite décennie, un mauvais mot, bien plus innocent que les conneries de Sine, aurait mis le feu à la poudrière Bedos, se précipitant dans la rue, certainement au côté de Val, pour dénoncer le combat incessant contre la bassesse humaine.
Aujourd'hui, le même bonhomme, veste retournée, s'époumone pour le "droit de la déconne universelle".

Dans son petit courrier, Bedos s'adressant à Val "moi, qui ai dit sur la scène de l’Olympiaje ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Franck et Primo Levi”, suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore ?".
J'en ai une bien bonne moi aussi, Bedos préfère donc les Juifs morts aux vivants.
Vive le droit à la déconne universelle.

n.b. : j'avais quelques lignes également pour Giséle Halimi, qui troque son costume de combattante de la misogynie primaire pour la lutte pour "... la fin de la psychose du juif persécuté...", mais ce sera pour un autre jour.

En ce moment...


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