Malaise
Parfois il est tout de même difficile de ne pas sombrer dans le pessimisme ambiant et de rejoindre les neo-catastrophistes Bavereziens sur l'avenir du pays.
Au délà des contingences financières, économiques, politiques etc..., on juge aussi l'état d'une société à ce qui se passe entre ses individus.
Le feuilleton du rapt du jeune Ilan.
Une mauvaise série B.
Pour ceux qui ont raté un épisode, Ilan Halimi (23 ans) a été retrouvé nu, une main coupée, brulé au chalumeau, torturé à mort, lundi à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) au terme de trois semaines de kidnapping.
Aujourd'hui, on apprend que ce macabre scénario est l'oeuvre d'un gang organisé, "spécialisé" dans ce type d'enlévement, aux techniques bien rodées : jeune fille/homme qui séduit, et appate la proie en club, puis séquestration, torture et demande d'une rançon.
Messages par SMS via portables volés, images envoyées via des serveurs de l'autre bout du monde, sommes versées via Western Union dans des pays étrangers...le process est rodé.
Aujourd'hui, le gang a été démantelé et le "boss" est en fuite.
Mais le meilleur reste à venir.
Moyenne d'âge? de 17 à 32 ans. Age du "cerveau des barbares"? 26 ans.
Tous issus de cités de la région parisienne, tous d'origine africaine ou Maghrébine.
Selon leurs premières déclarations, le mobile de ces jeunes "...désoeuvrés..." était "...d'obtenir de l'argent...". Le procureur a ajouté qu'"...Il s'agit d'un groupe très localisé qui a bénéficié de la complicité des familles et des parents...".
Pire encore; lors de leurs échanges avec le père de la victime, le chef du gang, Youssef Fofana aurait proféré à plusieurs reprises des insultes ouvertement antisémites ; le gang semblait également persuadé que le fait qu'Ilan soit juif faisait automatiquement de lui quelqu'un de fortuné. Au moins un des treize interpellés, aurait également avoué que la bande aurait identifié de manière claire des "cibles juives".
Difficile cette fois de ne pas aborder le caractére antisémite de cette affaire...
"...Ce qui frappe c'est l'extrême violence et l'absence de tout seuil d'intégration de ces jeunes..." qui se connaissent pour la plupart depuis l'enfance et "...pratiquent la violence de manière gratuite et spontanée...", a-t-il souligné.
Où la France a-t-elle raté quelque chose... à quel moment l'intégration des jeunes issus a-t-elle dérapé pour qu'on en arrive à de telles situations.
Si certains avaient encore des doutes après l'affaire des "caricatures", le constat est sans appel : la France est malade.
Malade du manque de courage de ses politiques, malade de 20 ans d'immobilisme, malade de son chomage galopant, malade de son immigration non accompagnée, malade de la disparition de son identité.
A se polariser contre vents et marées, à préserver un "modéle de société à la française", aujourd'hui mort et enterré, l'état Français n'en finit plus de se discréditer.
Aux grandes heures du Gaullisme, ont succédès les petits instants du Miterrandisme puis du Chiraquisme.
Cet atroce fait divers est symptomatique d'une perte de repères et d'une absence d'espoir: comment ne pas rentrer dans le jeu d'un Christophe Lambert apocalyptique, ou d'un Nicolas Sarkozy repressif, sans alternative crédible. Et d'ailleurs en existe-t-il une?
De son côté, la bête attend son heure. Au second tour des dernières élections, surfant sur un poujadiste rampant, elle a fait le plein de voix.
Sur des forums de Libération ou du Monde, on peut lire des témoignages angoissés, réclamant de la sévérité, du "tout sécuritaire", un durcissement de la politique de l'immigration voir un référendum sur la peine de mort!
Sans tomber dans ces extrêmes, force est de constater que la dérive idenditaire de la France finit par avoir des répercussions sur les Français. C'est une spirale dramatique dans laquelle le pays semble s'enfoncer mais qui a encore envie de s'interroger sur les solutions, d'être constructif, dans ce contexte. Inquiétant.
Chacun est libre d'imaginer qui, de ses proches, aurait pu être à la place d'Ilan puisque aujourd'hui même draguer, devient un jeu dangereux.
Et ce n'est plus "qu'une histoire de capotes".
















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